PRÉSENTATION LITTÉRAIRE

LES COPAINS DE LOUIS FARIGOULE

L’auteur : Louis Farigoule, qui se fera appeler Jules Romains, naît en 1885. Il passe l’agrégation de philosophie et enseigne cette discipline. Si l’on peut s’attarder longtemps sur sa vie mondaine, son élection à l’académie française, ses divers engagements littéraires et politiques, ainsi que sur d’autres pacotilles qui rythment le monde, nous choisirons un aspect plus particulier de sa personne. Une facette plus originale de l’homme. Ainsi, nous n’allons pas nous pencher sur l’écrivain qui côtoie ses contemporains et qui baigne dans le milieu littéraire, mais sur celui qui s’est attaché à la terre. Il achète en effet un manoir près de Tours, à Saint Avertin et y passera un temps conséquent à écrire Les Hommes de bonne volonté. Fait significatif, il possède une vigne duquel il tire un vin blanc qu’il sert à ses invités non sans une certaine fierté. Il fait aussi parti d’une assemblée, une communauté d’artistes qui prennent le nom de “Groupe de l’Abbaye”. Il s’agit d’une volonté et d’une vie de communauté, loin des sphères parisiennes. Loin de l’art de la vente et de la vente de l’art. Loin du bruit incessant du monde. Enfin, il est le fondateur de ce que l’on appelle l’unanimisme, doctrine littéraire selon laquelle il faut décrire l’individu par rapport à son rapport aux autres, par rapport à sa vie en société. Ne tombant dès lors ni dans la tentation du communautarisme ni dans celle de l’individualisme, il permet de montrer par ses œuvres et sa vie que le petit coin de paradis, simple et truculent à la fois, peut toujours exister. 

L’œuvre : S’il fallait faire un éloge de l’amitié, comme Platon l’a fait de l’amour dans Le Banquet, Les copains en serait la parfaite synthèse. Il s’agit de la narration d’un projet de groupe d’amis qui vise à châtier deux villes, sous préfectures de leur état, qui selon eux font insulte à la carte de France. Dans cet ouvrage Jules Romains montre que la sagesse peut aussi se situer tout simplement dans quelques verres et quelques amis. Comment ne pas tomber sous le charme des personnalités, atypiques autant qu’attanchantes, qui vont mêler leurs excès à la simplicité de leur vie. Pour les amoureux de Georges Brassens, on retrouve l’esprit de sa chanson Les Copains d’abord, et pour cause. Un film sort, inspiré du livre, film pour lequel le chanteur compose la musique. On y retrouve ainsi l’essence même du livre, les amis fidèles qui ne peuvent s’empêcher de prendre un bon verre, verre duquel ils tirent leur sagesse. Ils ne peuvent non plus se passer de rire, chanter boire et manger, faisant voyager le lecteur, quel qu’il soit, sur les sentiers des souvenirs amicaux. Livre à lire et à relire inlassablement, sans aucune modération, pour apprécier la manière dont la justesse des traits d’esprits côtoie le calembour, le tout dans une langue riche et haute en couleur.